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Gloves Off 1

Dialogues sans filtre sur la communication, les médias et les startups

Gloves Off est la nouvelle série de tables rondes privées organisée par le cabinet de conseil MedSirat. La première édition, élaborée en partenariat avec la Fondation Konrad Adenauer, a mis en lumière le rôle des médias dans le développement du climat des affaires en Tunisie. Plusieurs invités représentant différents types d’organisations – acteurs de l’écosystème entrepreneurial et du secteur médiatique – étaient présents.



Après la Révolution tunisienne, la prolifération d’opinions sur de nombreux sujets a brouillé la distinction entre savoir et ignorance. Pour adresser ce défi, les tables rondes Gloves Off ont été organisées dans un cadre privé, rassemblant uniquement des participants capables de fournir des réflexions pertinentes. L’objectif de ce débat était clair : « Parlons uniquement lorsque nous avons quelque chose de pertinent à dire ! », comme l’a lancé M. Mohamed Rached Jomni, PDG de MedSirat.

Les médias ont un rôle fondamental à jouer au-delà des idées reçues et des préjugés. Ils doivent encourager les étudiants tunisiens à s’intéresser davantage à l’entrepreneuriat et créer un environnement qui soutient leurs initiatives. Malgré un contexte tunisien dynamique, le secteur médiatique accuse un retard en matière d’innovation et ne met pas suffisamment en valeur les efforts et réussites des jeunes entrepreneurs. Cependant, certaines structures médiatiques ont pris l’initiative de mettre en lumière la scène startup tunisienne, offrant ainsi un espoir tangible. Il est tout aussi crucial de fournir aux startups les ressources et les connaissances nécessaires pour assurer leur développement. Les fondateurs ont besoin d’accompagnement pour naviguer dans l’écosystème entrepreneurial complexe, et les médias peuvent constituer un allié précieux dans ce processus. En offrant aux entrepreneurs une plateforme pour partager leurs idées et projets, les médias peuvent devenir un véritable catalyseur d’innovation et de croissance entrepreneuriale. Cela dit, il a également été reconnu que le secteur médiatique lui-même fait face à des défis de durabilité en raison de la complexité de son modèle économique.

D’un autre côté, les membres du second panel, comprenant des représentants du secteur médiatique, ont également souligné que la communication efficace est au cœur du succès entrepreneurial. Elle permet aux fondateurs de transmettre leur vision, de mobiliser du soutien et d’attirer des clients. Dans ce domaine, chaque canal de communication présente ses avantages propres. Les entrepreneurs doivent comprendre que aucun média ne peut se substituer complètement aux autres. Il est donc crucial d’identifier les forces et les limites de chaque plateforme et d’adapter sa stratégie en conséquence. Qu’il s’agisse de médias traditionnels, de réseaux sociaux ou de collaborations avec des influenceurs, les fondateurs doivent sélectionner les canaux les mieux alignés avec leur audience cible et leurs objectifs business.

Cependant, de nombreux entrepreneurs tunisiens rencontrent des problèmes de communication, notamment pour les communiqués de presse, les interviews à la radio ou à la télévision. Ces obstacles compliquent la gestion de l’image publique de leurs startups et leur interaction avec les médias. Un problème majeur réside dans la méconnaissance de la nature sélective de la couverture médiatique. Les fondateurs négligent souvent l’importance d’organiser soigneusement leur présence médiatique, ce qui peut entraîner une surcharge de contenu peu pertinente pour leur audience. Ces difficultés sont accentuées par le manque de ressources financières. Il est souvent difficile de dégager un budget conséquent pour les services médias, surtout au lancement d’un projet. Les entrepreneurs se trouvent alors bloqués dans l’accès à un accompagnement médiatique professionnel.

Les défis vont bien au-delà des seuls entrepreneurs. Le système tunisien est souvent perçu comme un obstacle à la réussite entrepreneuriale. Qu’il s’agisse de complexités réglementaires, d’un accès limité au financement ou de contraintes bureaucratiques, ces barrières systémiques freinent la croissance et la prospérité des startups. Comme toute entreprise, les médias dépendent des revenus publicitaires et d’autres sources de financement pour survivre. Bien qu’ils reconnaissent l’intérêt de couvrir les initiatives des startups, ils doivent aussi assurer leur viabilité financière. Une collaboration et une compréhension mutuelle entre fondateurs et plateformes médiatiques sont donc indispensables pour trouver un équilibre entre visibilité pour les startups et pérennité des médias. Un phénomène notable mérite également d’être souligné : l’ingratitude de certains entrepreneurs. Au début de leur parcours, ils sont souvent chaleureusement accueillis et soutenus gratuitement par les médias qui mettent en avant leurs projets innovants. Cependant, une fois leur succès atteint, certains abandonnent les médias qui les ont accompagnés et préfèrent investir leurs ressources dans la publicité (affichages urbains, collaborations avec des influenceurs sur Instagram, etc.). Ce changement peut apparaître décevant pour les médias qui ont contribué à leur visibilité. Pour répondre à ces enjeux de manière structurelle, les universités ont un rôle clé à jouer : elles doivent former les jeunes entrepreneurs aux compétences en marketing et à la culture médiatique. L’enseignement des dynamiques médiatiques, des techniques d’interview et de la rédaction de communiqués de presse permettra aux futurs fondateurs de maîtriser efficacement la communication et de naviguer avec assurance dans l’écosystème médiatique.

En conclusion, la Tunisie se trouve à un tournant décisif, où le pouvoir des médias peut influencer l’avenir de l’entrepreneuriat. Il est donc essentiel que les médias, les entrepreneurs et les structures d’accompagnement collaborent afin de développer et valoriser le contenu et la représentation de l’écosystème entrepreneurial.

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